La fin des certitudes

Il y a un an, lors de l’ouverture de ce site au public, nous posions la question « Crise financière: quid de votre portefeuille ? », tant les incertitudes étaient nombreuses. Capacité des Etats à faire face à leurs dettes, pérennité de la zone Euro, solvabilité du système bancaire, adéquation des logiques de gestion patrimoniale à la nouvelle donne macro-économique : tous les fondamentaux semblaient poser question, poser problème.

Aujourd’hui, toutes ces questions restent ouvertes. Seule une interrogation semble avoir trouvé réponse : en tant qu’investisseurs, nous ne pouvons plus être sûrs de rien

Depuis 2008, tous les fondements de l’économie moderne ont vacillé tour à tour. Toutes les certitudes sur lesquelles reposaient la science économique et la gestion financière ont été ébranlées.

Faites le compte avec nous, dans cet inventaire à la Prévert…

L’hyperpuissance américaine

Après la chute du bloc soviétique, certains ont cru pouvoir annoncer « la fin de l’histoire », tant le modèle néo-libéral américain semblait avoir triomphé de toute résistance. Portés par leur suprématie monétaire et militaire, les Etats-Unis incitaient le reste du monde à s’adonner avec eux au cocktail reaganien : un mélange d’Etat réduit à sa plus simple expression, d’économie ouverte et libéralisée et de finance totalement dérégulée.

Las ! Le 11 septembre 2001, les tours jumelles s’effondraient sous les yeux incrédules des Américains qui prenaient brusquement conscience de leur vulnérabilité. En 2002, Enron se dégonflait comme une baudruche, après avoir berné la communauté financière pendant des années. En 2008, Wall Street connaissait l’un des pires krachs de son histoire, réveillant les spectres de la grande crise.

Finalement le cocktail passait mal : l’Amérique se réveillait en faillite, piégée par les subprimes, paralysée par le surendettement de ses administrations, empêtrée dans des guerres aussi vaines que lointaines. Le roi était nu…

La capacité d’endettement illimitée des Etats

Pendant 40 ans, les grands Etats développés ont financé leur train de vie à crédit. Facilité par l’ouverture des marchés financiers et la décrue des taux d’intérêt, l’endettement public a cru de manière continue, sans qu’on s’en inquiète outre mesure, les Etats étant immortels et disposant du privilège fiscal.

Aujourd’hui, le montant des dettes accumulées est tel qu’on finit par douter qu’elles seront remboursées. Les créanciers prennent peur en contemplant l’effet de ciseaux entre une croissance atone et la charge de la dette qui s’alourdit inexorablement.

Les tensions sur les finances publiques causées par la dette deviennent insupportables, elles finissent par mettre en péril les Etats, peut-être demain la démocratie.

La confiance à toute épreuve dans les établissements financiers

Fers de lance, principaux acteurs et premiers bénéficiaires de la dérégulation financière, les institutions financières se sont livrées à une course effrénée au profit, au mépris de l’intérêt général, du principe de prudence sur lequel reposait le métier de banquier, au mépris souvent du simple bon sens.

Les techniques financières apparues dans les années 90 -titrisation, produits dérivés- avaient engendré des monstres ; les risques étaient finalement partout, dans des proportions insoupçonnées. Quand Lehman Brothers dépose son bilan à l’automne 2008, le monde prend conscience que ces géants de la finance, que l’on pensait « trop gros pour tomber », avaient en fait des pieds d’argile.

La confiance, sur laquelle se fonde toute activité financière, toute décision d’investissement, la confiance a disparu.

L’existence de placements sans risque

Lors de son audition par une commission du Sénat le 12 octobre 2011, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, déclarait « le monde a changé : auparavant, tout le monde considérait la dette des Etats comme la plus sûre. Depuis l’été, le doute s’est installé, bien au-delà du seul cas de la Grèce. Or, si les Etats sont soupçonnables, c’est toute la finance qui est à repenser ».

Des Etats en situation de faillite virtuelle, des établissements financiers aux bilans opaques et gorgés de risques, des agences de notation complices des manipulations comptables : auprès de qui alors placer son argent ?

La prévisibilité du futur

Finalement, notre civilisation moderne hyper-sophistiquée et mondialisée est fragile à l’extrême.

Un virus dans une ferme lointaine du sud-est asiatique peut donner naissance à une pandémie mondiale, un nuage de cendres projeté pendant quelques jours par un volcan inconnu peut paralyser l’économie occidentale. Catastrophes naturelles ou technologiques, actes de terrorisme ou simples erreurs humaines sont aujourd’hui susceptibles de déclencher des conséquences que nul ne parvient plus à prévoir, à prévenir.

Les modèles probabilistes ont vécu. Nous sommes désormais à l’ère des HILP (high impact, low probability) events, où le battement d’aile d’un papillon à l’autre bout du globe peut provoquer ici des conséquences incommensurables .

Concevoir autrement la gestion d’actifs

En énonçant ces quelques constats (que l’on trouve aujourd’hui sous toutes les plumes), notre objectif n’était pas de vous mettre le moral en berne mais bien de souligner la nécessité de changer notre manière de concevoir la gestion d’actifs.

Cette prise de conscience a motivé la création de FairHedge. Depuis un an, nous nous efforçons d’inventer ce nouveau paradigme de la gestion de portefeuille, en rupture avec les habitudes établies de l’industrie patrimoniale.

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