Dogmes et axiomes de la gestion d’actifs : Idées fausses

La gestion d’actifs, et la finance plus largement, fonde ses modèles et sa réflexion sur des idées qui font l’objet d’un consensus mou.  Souvent mal documentées sur le plan scientifique, ces idées servent d’arrière-plan « idéologique »  au discours marketing de l’industrie bancaire et finissent par devenir de véritables dogmes.  Cependant, notre expérience et les études que nous avons menées nous confortent dans notre conviction que ces postulats sont souvent infondés.


Idée 1 : « A long terme, le placement (1) sur les marchés financiers est toujours gagnant »

  • Cette idée, selon laquelle les placements sur les marchés sont toujours gagnants sur le long terme, est profondément ancrée dans l’esprit des investisseurs, au point qu’elle ne demande pas de justification. Pourtant, une simple étude (à consulter ici) sur l’évolution d’un portefeuille actions (avec réinvestissement des dividendes) contre un portefeuille en liquidités permet de révéler l’inexactitude d’une telle affirmation, alors que des travaux plus approfondis aboutissent au même résultat (voir l’ouvrage « Exubérance irrationnelle » de Robert Shiller, Professeur d’économie à l’Université de Yale).
  • On peut ainsi affirmer que sur une base de données assez riche (1875-2010) sur le S&P 500, les marchés action ne surperforment pas systématiquement une position en liquidités (à 1 an) sur une période de 10 ans, soit la durée moyenne d’un contrat d’assurance-vie.

(1) en actions ou obligations de long terme


Idée 2 : « Rester liquide, c’est supporter un coût d’opportunité »

  • Ne rien faire de son épargne en restant « liquide » est souvent considéré comme générant un coût d’opportunité, que l’on pourrait définir comme le coût de non-réalisation de l’investissement ou la rentabilité attendue des fonds non-investis.
  • Au vu de l’étude évoquée plus haut, cet adage -pourtant bien ancré dans les mentalités- paraît sans fondement. En effet, une position liquide surperformant régulièrement un investissement en action, il convient de considérer la liquidité comme une réelle alternative de placement, plus encore dans une période de faible inflation, telle que nous la vivons actuellement.  Ne rien faire, c’est-à-dire rester liquide, doit être considéré comme une réelle posture pour l’investisseur raisonnable, qui refuse les comportements grégaires…


Idée 3 : « Point de salut en dehors de l’assurance-vie »

Dans nos esprits, le placement en assurance-vie représente très souvent la panacée.

 

1. Vaisseau amiral de l’offre, le fonds euro est ce que l’on appelle communément une boîte noire, car l’information disponible y est très limitée et l’épargne des souscripteurs se confond avec les fonds propres des assureurs.

 

Ces fonds connaissent depuis 20 ans un succès jamais démenti en France, car :

  • ils bénéficient de la garantie en capital de l’organisme promoteur,
  • ils ne sont pas valorisés en mark to market et, de ce fait, rassurent car il y a une volatilité affichée nulle,
  • et les fonds collectés sont principalement placés en obligations longues (la baisse des taux ininterrompue depuis 20 ans assure aux fonds euros des performances très correctes).


Aujourd’hui, il faut se poser 3 questions :

  • Quelle pourra être la performance demain des fonds euros particulièrement en cas de hausse des taux ?
  • Les compagnies d’assurance pourraient – elles garantir le capital des souscripteurs en cas de crise sur les dettes publiques ?
  • Comment va évoluer la fiscalité sur ces fonds ?


2. La souscription d’OPCVM classiques dans le cadre d’un contrat d’assurance vie en unité de compte afin de profiter des avantages fiscaux et de transmissions dépend  de la situation individuelle de chaque souscripteur.

La souscription d’un OPCVM dans le cadre d’une enveloppe d’assurance vie procure , dans la quasi-totalité des cas, un rendement après impôts largement inférieur à une souscription directe.

 

Idée 4  : « La diversification dilue le risque de votre portefeuille. »

  • Soit, mais est-ce toujours le cas ?
  • Pour diminuer le risque, il faut donc combiner au sein d’un portefeuille des valeurs si possible non corrélées entre elles.
  • Or, si la diversication fait ses preuves en période de relatif calme sur les marchés, cette dernière s’avère impuissante lors de grave crise. En effet, lors de ces périodes d’agitation, les rendements de la grande majorité des actifs se retrouvent corrélés et par conséquent la diversification devient donc inefficace . En savoir plus (bientôt en ligne)…



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